You are currently browsing the category archive for the 'Uncategorized' category.
Après près de un an sans mise à jour de mon carnet (et sans nouveau site web, vous l’aurez remarqué), je pense qu’un commentaire est de mise.
La dernière fois que j’ai écrit ici, si on m’avait demandé combien de temps il me restait avatn de terminer l’écriture de mon manuscrit, j’aurais répondu qu’il me restait à peine 3 mois. Maintenant, si on me pose la même question, je vous dirais: ”3 mois”. Serais-je une proscratinatrice affirmée? Une menteuse éhontée? Que nenni! C’est qu’il me semble vraiment difficile d’estimer le temps pour l’écriture d’un manuscrit ou même pour sa révision.
Car j’en suis là, un an plus tard. La première lecture de mon histoire s’est faite alors que je la tapais à l’ordi. Au fur et à mesure que je la retranscrivais, je notais toute incohérence ou follerie. Et, comme dirais Bibi, citron qu’il y en avait des niaiseries! Alors, depuis, je n’ai fait que réécrire des passages plus ou moins désastreux et déplacer des scènes d’un endroit de la trame narrative à l’autre. Et c’est, ma foi, beaucoup plus long que je ne le pensais au départ (ou il y a un an). Mais je continue de penser que dans 3 mois, ça y est, ce sera assez bon pour une deuxième relecture. Ce sera une relecture approfondie, assez pour permettre ensuite que des gens au coeur bénévole le lise.
En novembre, j’écris / réécris certaines scènes clés.
J’ai décidé qu’écrire un blogue n’était pas pour moi. Mais j’ai tout de même quelque chose à dire de temps en temps alors, j’ai choisi un autre format de présence sur le web. Quand ce sera prêt, je l’annoncerai ici et si ça vous tente, vous irez me lire sur ma nouvelle page.
À bientôt!
Voilà qu’une occasion plus que méritée apparaît, c’est-à-dire celle de me reposer
complètement comme je n’ai pu le faire depuis la dernière année. Je dors comme un chat, littéralement et sans jeu de mot. Vous qui vivez avec un chat, calculez combien de temps ça fait et vous aurez une idée du temps que je passe au pieu. Apparemment, je ronfle et même quand on me secoue la tête comme un Etch-A-Sketch, je continue mon concert de musique de chambre.
Mes quelques heures d’éveil se passent à obséder sur l’écriture de mon roman. J’ai repris les rênes de mon histoire après deux mois d’arrêt (septembre et octobre). Je n’écris pas énormément, environ 2250 mots par semaine. Écrire pour moi c’est un peu comme essayer de faire sortir de la pâte à dent d’un tube presque fini (ou d’écrire un paragraphe sur un Etch-A-Sketch, tiens). Mais la beauté de la chose c’est que je suis bien méthodique et ce qui sort est généralement juste.
L’autre bonne nouvelle c’est que, après presque un an d’écriture d’un premier jet (et six mois, disons, de pratique ou bien d’un faux départ), j’en arrive à la fin de mon histoire. Si tout continue comme ça se fait présentement, j’aurai terminé mon premier jet à la mi-décembre.
Ce que je trouve extraordinaire est que les pièces du puzzle se placent au fur et à mesure que j’écris, même si j’ai fait un résumé détaillé avant de commencer. En fait, le résumé n’a plus grand ressemblance avec le roman à présent. Écrire cette dernière partie se fait sans difficulté car tous les éléments sont nommés. La résolution prend donc tout son sens. C’est la partie que j’aime le plus écrire car mon histoire revient en quelque sorte à son point de départ, comme une boucle qui se referme.
Je ne dis pas que tout est parfait, loin de là. Mon jet est plein de trous à boucher plus tard, c’est clair. Certaines scènes seront supprimées, quelques personnages seront étoffés, des descriptions rallongées. Mon héroïne doit grandir et, plus important que tout, se distinguer de moi. C’est si facile de se mélanger avec elle mais, je ne veux pas en faire une copie de moi. Elle doit se distinguer par elle-même.
Le deuxième jet s’annonce assez corsé à produire. Ça me semble plus de travail que de plaisir. J’attaquerai la révision en février seulement mais je ne ferai les corrections qu’à partir d’avril. Un long travail en perspective.
Je sais pas comment j’ai fait mais, j’ai réussi à écrire une nouvelle de 10 pages. Je crois que cela donne environ 2300 mots. C’est pour le concours de Radio-Canada. Vous pouvez lire les textes de 2006 en ligne. Lisez au moins “Voir ailleurs” de Hugo Dubreuil. C’est fort comme style. On dirait un peu du Sol, c’est très triste et en même temps beau. J’aurais aimé pouvoir lire d’autres textes pour me faire une meilleure idée. Je ne pense pas que mon texte est aussi unique que celui de Hugo (“h” aspiré ou non? Mmm…) Dubreuil. Mais en même temps, mon histoire est bien tournée et le côté psychologique est intéressant. En plus, il y a une sorte de punch à la fin. Il me semble que ma nouvelle pourrait gagner le deuxième prix. Il faut que je tape tout ça à l’ordi, que je me relise et que je corrige des passages. Ensuite, je l’envoie avant le 1er novembre.
Ce serait quelque chose pour moi si je gagnais. Ça serait bien pour mon estime de moi qui n’ai rien gagné depuis longtemps. La dernière fois que j’ai gagné quelque chose, j’ai passé à la télé pendant une fraction de seconde. J’avais gagné une dictée réunissant plusieurs écoles. C’était samedi matin et je ne voulais pas me lever. Mon chum de l’époque est venu me chercher avec sa Topaze rouge 1984 qui cassait tout le temps mais c’était pas grave parce que mon père était garagiste. Il m’a dit de me lever car il était persuadé que je devais faire cette dictée. Il était venu très tôt me chercher juste pour s’assurer que j’allais participer. J’ai gardé mon haut de pyjama et j’ai mis mes jeans. Je me suis traînée au collège ou avait lieu la dictée et j’ai fait ce que je pouvais. J’ai gagné la première place avec une grosse télé avec un lecteur VHS.
Mon roman, ça va bientôt repartir. Déjà que je trouve terrible d’avoir perdu 2 mois de travail en ne faisant rien. Il va sans dire que je ne serai pas prête à soumettre mon manuscrit pour le Prix Robert-Cliche. Toutefois, l’arrêt d’écriture et le fait de taper les 30 premières pages m’ont permis de voir tout le travail de réécriture que j’aurai à faire au printemps. En même temps, on dirait que je me prends moins au sérieux avec mon manuscrit et ça, ce n’est pas la moindre des choses. Ce n’est plus LE premier roman, celui qui doit être parfait, celui qui doit tout dire ce que je n’ai jamais dit et que je veux dire, celui qui va ravir la critique. C’est juste une longue histoire que je désire vraiment, vraiment raconter. Je vais écrire ce que j’ai dans la tête et ça va couler simplement dans un style dépourvu de style, justement. J’avais besoin d’une pause mais maintenant, j’ai hâte de m’y remettre. Quand je vais le faire, il va me rester environ trois mois de travail et c’est tout.
Ma belle avancée d’écriture du mois d’août est loin derrière moi. Je n’ai pratiquement pas touché à mon manuscrit en septembre. J’ai rapidement mis au propre les premières trente pages en croyant pouvoir m’inscrire au programme de parrainage de l’UNEQ mais, ça ne se fera pas. Je n’ai pas le temps de retravailler ce texte maintenant. Si je fais quoi que ce soit, ce sera de l’écriture brute seulement. Arriver à la fin, cela m’obnubile, même quand je n’y touche pas.
En plus, j’ai été assez folle pour m’inscrire à un cour du soir en traduction. J’adore cela mais, avec les travaux pratiques à remettre, c’est certain que je visite moins mon roman. Je pensais que ça me laisserait du temps avec juste un cours mais, c’est tout de même assez prenant.
Il faut me ressaisir sinon ça va me prendre dix ans pour finir ce livre. Que je prendrais donc des vacances pour un mois…
Ce furent trois jours de plaisir à avancer mon histoire sans contrainte aucune. J’ai fait ce que j’ai pu mais j’ai mes limites. Il m’est difficile de dépasser la barrre du 2000 mots écrits en une journée, même assistée de boissons énergisantes. Je ne suis pas la Husain Bolt de l’écriture, laissez-moi vous dire.
Au point où j’en suis, je sais que mon manuscrit verra le jour en forme finale imprimée (pour la publication, c’est une autre paire de manches). Si bien que j’ai gagné en confiance et décidé de divulguer à des amis que j’étais en pleine écriture d’un roman. La déclaration a provoqué un intérêt immédiat et j’ai acquis quatre nouveaux premiers lecteurs. D’ailleurs, je ne sais pas où m’arrêter avec ces lecteurs de manuscrits. Ils devront attendre: je ne prévois pas avoir fini avant décembre au plus tôt. La raison en est que je suis une de ces luddites qui écrit à la main dans un cahier à anneaux pour ensuite retranscrire à l’ordinateur (et ce n’est pas une partie de plaisir même avec mon doigté). Qui sait? Peut-être vais-je gagner suffisamment d’argent si je publie pour m’acheter un laptop (2000$ si c’est un de ces bidules blancs avec une pomme dessus). Alors, sincèrement, je n’ai aucune idée si c’est réaliste financièrement mais, on verra bien.
J’ai demandé à m’inscrire au programme de parrainage de l’Union des Écrivain(e)s du Québec. Je n’ai pas précisément ’songé à remiser mon manuscrit au fond du tiroir’ mais je me disais qu’une relation entre écrivain professionnel et moi-même qui commence serait bénéfique pour m’aider à remanier mon manuscrit et apprendre sur le processus de publication. Faut mettre les vingt premières pages en forme pour soumettre en septembre. Bon, je fais ça.
Le jeudi des nouveaux arrivages survient enfin. Je fais le tour des tables dans ma librairie préférée. Rien ne me tente vraiment sauf 2666 de Roberto Bolaño, récent de quelques semaines. Les briques réputées difficiles m’attirent ces temps-ci et 2666 en est une, à 1015 pages. Ce livre est publié de manière posthume et considéré comme un futur classique mondial. Il vient juste d’être traduit en français. L’histoire fait référence aux meurtres en série non résolus qui ont réellement lieu dans une ville de la frontière américaine-mexicaine.
Malheureusement, le volume coûte 54.95$ dans son édition grand format, une petite fortune même si c’est probablement le prix d’un simple café à Paris, environ la moitié d’un volume de la Pléiade. L’édition en anglais, quant à elle, n’a pas encore été traduite. Ça sortirait en novembre 2008. Le hic c’est que le livre en anglais coûtera 24 $ de moins que l’édition en français. Considérant que j’ai encore Les Bienveillantes à lire, un roman pas reposant avec ses nombreux personnages aux titres d’officiers Nazis difficiles à mémoriser, je me demande si je pourrais attendre patiemment l’édition en anglais. En même temps, je dois finir À la recherche du temps perdu avant mes 30 ans, donc, faut se grouiller.
Je pourrais aussi faire un petit sacrifice, utiliser mes dollars Raffin (l’équivalent de monnaie Canadian Tire pour bibliophiles) et acheter l’édition en français. Chaque achat chez Raffin me vaut de collectionner la précieuse monnaie dans une enveloppe, de la compter et de la recompter dans mes temps libres. J’en ai présentement pour 7.30$.
Mmm, j’achète ou j’attends?
Un des conseils de base que j’ai entendu le plus souvent au sujet de l’écriture est de façonner une histoire dont on connaît l’univers. Il s’agirait, autant que possible, de se rapprocher de thèmes, d’événements ou de personnages basés sur ce que l’on connaît déjà. Si j’ai vécu à Montréal toute ma vie, pourquoi j’écrirais sur Venise? Je pourrais bien faire de la recherche, ce n’est pas exclu mais, l’écriture occupant déjà une part importante de mon temps, pourquoi ne pas faire simple en écrivant une histoire se déroulant à Montréal?
Cette suggestion a du bon mais, la question que je me suis posée pendant toutes ces années où j’ai essayé d’écrire un roman c’est : qu’est-ce que je connais? De toutes les expériences faites en moins de trois décennies, laquelle constituerait un bon sujet de roman? Tout ce que j’ai vécu me semble plutôt banal et je ne voyais sur quoi je pouvais bien écrire.
La réponse m’est apparue il n’y a pas très longtemps. La vieillesse creusant sur mon visage ses sillons irréparables (hum-hum), une certaine nostalgie s’installe d’événements survenant il y a longtemps, lors de l’enfance ou de l’adolescence. C’est comme si, de communs ces souvenirs étaient jadis, ils deviennent de plus en plus précieux au fur et à mesure que le temps avance. Ce phénomène fait que les souvenirs d’une certaine époque me reviennent de plus en plus souvent, mis en relief par le sentiment d’avoir perdu quelque chose à tout jamais.
Si ça sonne proustien mon affaire, ce n’est vraiment pas volontaire. On dirait que j’ai eu une sorte d’envolée lyrique, tout à coup.
Donc, ces souvenirs qui se font plus insistants et acquièrent une valeur particulière à mes yeux à l’approche de la trentaine sont devenus la base du roman que j’écris présentement. En ce qui me concerne, je sors de l’enfance même si, légalement, je suis considérée comme une adulte depuis douze ans. Ce qui m’a formé durant l’enfance est très présent en moi. J’en rêve encore et parfois, j’aimerais y retourner pour revivre et refaire les événements.
Comme je parle un peu de mon enfance à travers un personnage, même si plusieurs inventions viennent se greffer à l’histoire, j’écris nécessairement sur des personnes réelles à travers les personnages fictifs décrits. Mes tantes y sont dépeintes en images pas tout à fait réjouissantes, comme des chipies campagnardes vieux jeu. Mes parents sont là aussi, sous une forme très diluée mais pas plaisante à observer.
Même si je ne suis pas à bout de mon processus d’écriture, il m’arrive de penser à l’effet que le portrait de mes membres de famille pourraient avoir sur ceux-ci. Encore faut-il qu’ils lisent le manuscrit ou livre publié de l’histoire. Certains sont bien vieux pour lire et mes parents eux ne lisent pas. Mais, si jamais ils le lisaient tout de même? Qu’arriverait-il? Est-ce que je subirais des remontrances pour avoir exposé une certaine image négative de ma famille? Évidemment, c’est peut-être un peu tôt pour penser à des chicanes de famille à cause de ce que j’ai écrit mais il m’arrive de penser à l’impact que cela pourrait causer et d’en avoir honte une fois le fait accompli.
Ma fille de 8 ans, Loulou, a hérité de sa mère l’envie d’écrire des histoires. Son enseignante était enchantée du grand nombre de phrases imaginatives que compose l’élève et lui a donné un beau 98% en français écrit. C’était avant Noël.
Devant ce beau succès, Loulou a décidé de commencer de petites histoires mettant en scène des animaux parlant. Comme plusieurs écrivains en herbe, elle commence des histoires qu’elle ne termine d’habitude pas. La difficulté est d’autant plus élevée qu’il lui faut illustrer les aventures de ses bestioles en même temps qu’elle écrit. Je lui ai alors conseillé de s’en tenir à une feuille de cartable à double interligne pour l’illustrer plus tard, comme les vrais illustrateurs quand il font un livre à partir du texte de l’auteur. Elle s’est alors empressée de commencer l’histoire d’un perroquet.
Mais il fait quoi, le perroquet? Premier blocage de la page blanche. Je lui suggère que comme l’histoire de Pablo le pingouin qui n’aimait pas le froid, son animal pourrait avoir une personnalité contraire à sa nature d’animal jacassant et flamboyant. Quelque chose qui pourrait le mettre dans le pétrin ou l’emmener à partir à l’aventure pour satisfaire sa nature à l’encontre de ses pairs. Elle considère l’idée. Étant de la génération Harry Potter, elle décide plutôt que l’oiseau subira un envoûtement magique de la part d’un autre perroquet jaloux de lui. Ce choix est probablement une métaphore pour la compétition entre fillettes qui a lieu dans sa classe et les sentiments de jalousie qui s’ensuivent. Elle se transpose en perroquet jaloux ou jalousé, quoi.
Bon, le premier paragraphe, la situation initiale, est donc écrit. Je coache ma progéniture sur le deuxième paragraphe. Là, il faut expliquer comment Zack le perroquet va ensorceler Jack l’autre perroquet. C’est l’élément déclencheur. Elle relit son truc mais les fautes d’orthographes commencent à l’ennuyer. Est-ce que ”avait” a un ‘’s”, un ”t” ou autre chose? Elle n’est pas sûre. Je lui dit de ne pas s’en faire avec les fautes, qu’elle corrigera plus tard.
D’habitude je ne suis pas capable d’écrire avec mon enfant dans les parages. Mais de la voir s’échiner sur son histoire de perroquet me donne le goût de, moi aussi, sortir mon cahier. J’écris deux lignes. ”Maman, quelle magie Zack pourrait utiliser pour envoûter Jack?”. Je réfléchis. Ils sont dans la forêt amazonienne. Il y a plein de plantes aux pouvoirs insoupçonnés qui poussent par là. Zack pourrait certainement trouver quelque chose qui ferait son bonheur. Je fais un trait pour entamer un dialogue dans mon roman. Loulou se questionne: ”Maman, comment écrit-on ”Amazonie”? Je lui épelle le mot. Je regarde mon cahier. J’ai avancé de deux phrases, c’est merveilleux. Finalement, je ne peux effectivement pas écrire quand ma fille est là. Mais, ce n’est pas grave, mère et fille sont à la table de la cuisine, en train d’inventer des histoires ensemble. C’est ça un weekend pluvieux.
