Je n’ai absolument pas fêté quelque résurrection que ce soit sauf la mienne. J’émerge à peine de ce long weekend où je me suis terrée dans mon apartement. Je suis très douée pour la réclusion…volontaire, bien entendu. C’était le moment idéal pour écrire, ce que j’ai fait sans toutefois atteindre mon nombre idéal de pages. Dix pages par jour aurait été Stephenkingesque mais, que voulez-vous, j’avais des films de samouraï à écouter. Je suis quand même contente d’avoir avancé considérablement le travail de mon manuscrit avec mes quinze pages écrites.  

Comme plusieurs carnettistes d’inspiration littéraire, j’ai lu avec plaisir cet article de Nicolas Ritoux qui m’a connecté à de nouveaux blogues d’auteurs. C’est entendu, le lecteur peut parfois devenir auteur et l’auteur est règle générale un lecteur. On ajoute à ce mélange le rôle de carnettiste et ça rend les choses vraiment excitantes pour le fait littéraire partout dans le monde. Le nombre d’auteurs à découvrir devient alors exponentiel. L’idée d’une communauté de lecteurs/auteurs sur le net m’enthousiasme.

J’aime écrire et recevoir des commentaires de gens qui partagent cette même passion de lire et d’écrire. C’est trop facile de se sentir isolée de ses semblables, les rats de bibliothèque (ou de librairies) alors qu’on est tous trop occupés à bouquiner. Je n’ai jamais commencé à piquer une jasette avec un client de librairie et ça me rendrait mal à l’aise de faire ça dans le but de trouver l’âme-sœur littéraire. Alors, le blogue littéraire, c’est super.

Toujours sur Cyberpresse, la chronique dominicale de Chantal Guy vient toucher un sujet qui me questionne ces temps-ci et donc, qui tombait vraiment à pic. Si vous suivez l’actualité littéraire des dernières semaines, vous savez que deux témoignages vrais publiés ces dernières années ont été démasquées. Ce sont donc de fausses vraies mémoires heureusement mises à jour par de vrais critiques de faux témoignages. C’est clair? Ces événements viennent remettre en cause la nature de la fiction et du documentaire et de son emploi. On a le choix: embellir la réalité ou rendre plus réelle la fiction. C’est peut-être pour ça que beaucoup choisissent l’auto-fiction.

Dans la chronique de madame Guy, une écrivaine québécoise (on peut dire ‘écrivaine’ au Québec) disait que ‘dans le passage à l’écriture, le réel devient toujours de la fiction.’ C’est une réflexion que tout créateur pourrait valider, je pense. On peut toujours s’inspirer de l’imaginaire, c’est sûr. Mais, le réel est souvent la passerelle vers l’imaginaire. Ça peut devenir inquiétant si on cherche à explorer un thème, une psychologie de personnage ou bien un événement vécu tout en voulant s’éloigner du fait qui vient nourrir notre roman à la base. Comment faire pour traduire un fait ou une personne réel(le) et le (la) rendre assez inventé(e) pour que cela n’occasionne pas de réprimande de la part d’un ami ou d’un membre de la famille? Ça m’arrive présentement alors que j’écris la première version de mon premier roman. J’y reviendrai bientôt.