Ceux qui me connaissent bien savent que l’anglais est ma langue adoptive. Soit je l’ai adoptée ou bien c’est cette langue qui m’a prise sous son aile mais, ce que je peux dire c’est que je ne suis pas simplement bilingue. I’m in love with English. Qui l’eut cru? Moi qui ai apprise cette langue un peu sur le tard, à 18 ans.
Je me souviens de ma décision basée sur un coup de tête romantique, en passant devant le portail impressionnant de l’université McGill, de fréquenter cette école et d’y apprendre bon an mal an une langue que personne dans mon entourage ne parlait. Les premiers mois d’immersion furent éprouvants, j’en avais mal à la tête à tous les soirs.
Mon premier été avant de commencer l’université, j’étais déjà si excitée de la possibilité d’élargir mon bassin de lecture que je me suis plongée dans des essais sur la spiritualité néo-païenne en anglais et inexistants en français. À la première session, j’essayais d’entrer dans ‘Jane Eyre’ de Charlotte Brontë, là où les personnages victoriens ‘fasten the door’ au lieu de ‘close the door’ et ‘fetch the doctor’ au lieu de ‘get the doctor’. Je commençais à réconcilier les différents registres de l’anglais : du littéraire moderne au littéraire du 19e et du parler académique de mes professeurs au cafouillage rapide et quasi-incompréhensible de mes congénères étudiants (‘d’younidabag?’ pour ‘do-you-need-a-bag?’ appris en cours d’anglais). J’ai fini par m’y retrouver jusqu’à me faire initier aux accents britanniques standard, cockney et pikey grâce au film ‘Snatch’ regardé avec des sous-titres et à l’accent afro-américain grâce aux shows d’humoristes Noirs (pas d’humour noir, on s’entend mais des humoristes à la peau noire). Le copain ontarien aide aussi à ne pas confondre ‘grapes’ et ‘grapefruit’, deux fruits dont le jus en bouteille n’est pas pareil du tout, croyez-moi.
Ce qui donne comme résultat que je ne peux me passer de l’anglais et, surtout, de lire en anglais. J’écris un anglais comme quelqu’un d’éduqué dont c’est la langue maternelle. Ma conversation anglaise est généralement à peu près impeccable même si la fatigue ou le stress de se retrouver dans un groupe peuvent diminuer mon niveau jusqu’à avoir l’air complètement niaiseuse. L’enrichissement personnel de pouvoir communiquer dans les deux langues est incroyable. Quand je pense à tous les classiques de la littérature anglaise et autres ouvrages dans cette langue qui sont non-traduits et auxquels j’ai accès, j’en pleure presque de joie. C’est probablement le plus beau cadeau que je me suis fait.

2 comments
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mars 17, 2008 à 2:14
ilmariel
Aaah ! J’aimerais bien lire en anglais mais je trouve ça difficile et dans mon cas, c’est normal. J’ai eu un problème de langage étant jeune et même si aujourd’hui, je suis correct, je suis consciente de mes limites. Donc l’apprentissage se fait lentement (mais déjà d’avoir mon autre domaine en anglais est déjà un gros pas). Même chose pour mes études.
Au fait, tu as trouvé mon blog sur Yulblog ou Lecteurs Québeçois ? Et YAY ! Une autre qui aime le thé !! /
mars 17, 2008 à 10:36
sylvaine vaucher
Moi j’ai appris à aimer lire l’anglais avec Poe, puis Miller et Finalement Bukowsky….” What ho! what ho! this fellow is dancing mad ! He hath been bitten by the Tarentula. (All in the Wrong) The Gold- Bug, Poe…Editions Collins