Après près de un an sans mise à jour de mon carnet (et sans nouveau site web, vous l’aurez remarqué), je pense qu’un commentaire est de mise.
La dernière fois que j’ai écrit ici, si on m’avait demandé combien de temps il me restait avatn de terminer l’écriture de mon manuscrit, j’aurais répondu qu’il me restait à peine 3 mois. Maintenant, si on me pose la même question, je vous dirais: ”3 mois”. Serais-je une proscratinatrice affirmée? Une menteuse éhontée? Que nenni! C’est qu’il me semble vraiment difficile d’estimer le temps pour l’écriture d’un manuscrit ou même pour sa révision.
Car j’en suis là, un an plus tard. La première lecture de mon histoire s’est faite alors que je la tapais à l’ordi. Au fur et à mesure que je la retranscrivais, je notais toute incohérence ou follerie. Et, comme dirais Bibi, citron qu’il y en avait des niaiseries! Alors, depuis, je n’ai fait que réécrire des passages plus ou moins désastreux et déplacer des scènes d’un endroit de la trame narrative à l’autre. Et c’est, ma foi, beaucoup plus long que je ne le pensais au départ (ou il y a un an). Mais je continue de penser que dans 3 mois, ça y est, ce sera assez bon pour une deuxième relecture. Ce sera une relecture approfondie, assez pour permettre ensuite que des gens au coeur bénévole le lise.
En novembre, j’écris / réécris certaines scènes clés.

J’ai 28 ans. Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit d’histoire. J’ai plutôt écrit des travaux universitaires en anglais puis j’ai eu un tas de pépins et une vingtaine de jobs pourries. Là, je veux recommencer à écrire. Un journal annonce un concours d’essais et d’histoires courtes. Je ponds quelque chose de simple, personnel, ténu comme une flamme sur le point de s’éteindre. J’ai l’impression de creuser très loin, de secouer une faculté d’imagination qui s’est endormie.
J’ai dix-sept ans. J’étudie en Lettres au cégep. Notre professeur de création littéraire nous demande qui dans la classe veut devenir écrivain. Presque tout le monde lève la main. Il hoche la tête, l’air désolé. ‘Pauvre de vous, il va falloir vous trouver autre chose, personne ne vit de son écriture au Québec.’ Le type est vraiment blasé. Il a fait une maîtrise en création littéraire et il a 30 000$ de dettes en prêts étudiants. Il chiale, à tous les cours il chiale sur son ostie de 500$ par mois qu’il a à payer. Conséquemment, il est pris pour enseigner la création littéraire dans un cégep de la Rive-Sud au lieu de vivre tranquillement de son écriture chez lui. Il nous insuffle cette déception à grosses doses.